Les jumelles

Campagne de Kyoto, Japon. Rien n’énerve plus un photographe amateur (celui qui, simplement, possède un appareil photo et connait tout aussi simplement la règle des 2/3 ou celle de la relation entre l’ouverture du diaphragme et la profondeur de champ) que le qualificatif de « joile » lorsqu’on regarde l’une de ses photographies.

Cet adjectif est iirritant tant il est niveleur et, partant, primaire. Tentez l’expérience : dites « cette photo est belle », puis « cette photo est jolie ». Vous percevez, immédiatement, la différence.

Le pire, c’est lorsqu’on vous dit que, malgré mes réserves presque méchantes sur mon voyage au Japon que j’ai exprimées dans un petit opuscule du type de celui-ci pour dire que je n’ai pas aimé ce pays, j’ai pu quand même prendre dans cette contrée que j’exècre sûrement à tort, des « jolies » photos.

Sans se poser la question, évidemment immensément théorique, de savoir si une photo peut, seule, tenir, sans le support du sentiment ou de l’humeur de celui qui la prend. Seule dans son espace et son temps, au-delà du sujet qui n’est qu’un déclencheur. La photographie est autonome et ne constitue ni le bras armé ni le bras poétique de son prétendu auteur. Le photographe n’est peut-être qu’un attrapeur, à vrai dire, comme tout humain qui « chope » une vie.
Mais, à dire ceci (relisez) l’on abandonne le sens.et la création Et l’on détruit et balaie tous les concepts artistiques, du moins celui de l’artiste. Il n’existe pas. C’est ici qu’un vrai débat de fin de soirée peut utilement s’initier.

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