Seville

Séville. J’aurais pu, ici, éviter la discussion et le grief, le froncement de sourcils et me couler, un peu à reculons, dans l’unanimité. En titrant « pause » et un jeu de mots sur la « pose ». du matador.
Mais je n’ai pas pu, la filouterie étant trop flagrante.
Je suis assez satisfait de cette image que j’ai pu prendre dans les arènes de Séville. J’y ai instillé un peu de flou, à peine, pour accentuer le champ artistique, peut-être ici un peu filou. Le geste du torero est exact et le mouvement nous donne à saisir l’esthétique de cette danse, du ballet si l’on veut..
Des mots qui vont en faire bondir plus d’un.
Lorsque c’est le cas, et, encore une fois pour, comme disent les espagnols, « ne pas rompre de lances » , se fâcher, je colle des citations de Francis Wolf, un philosophe reconnu par ses pairs pour ses travaux sur l’histoire des concepts dans l’humanité, sur la musique, sur l’amour, un vrai philosophe de la recherche et, curieusement disent ses collègues, amateur de corrida à laquelle il confère « valeurs éthiques et esthétiques ».
Ce sont les secondes que j’ai tenté de capter, même si l’esthétique ne devrait pas, diront les détracteurs, faire bon ménage avec l’affreuse corrida.
Donc des valeurs éthiques (« l’animal est tué rituellement, ce qui donne à la corrida sa dimension tragique, et il est tué en public, ce qui garantit la loyauté de sa mise à mort. »)
Et des valeurs esthétiques (« une des finalités essentielles de la corrida est de créer une œuvre d’art éphémère en utilisant la charge naturelle du taureau de combat. »)
Je n’ai pas voulu dans ce commentaire m’ériger en défenseur de la corrida. Je comprends parfaitement l’aversion de beaucoup (la majorité) à son endroit.
Mais il faut bien entrer dans le débat, étant observé que sa péremption est imminente puisqu’aussi bien l’interdiction de la corrida constituerait le futur probable. Les catalans, l’ont déjà interdite. En réalité, pour marquer leur autonomie à l’égard de l’Espagne ou de la Castille. Ce qui n’est donc qu’une minuscule action politique qui ne résout pas le sujet, l’absorbant dans cet ailleurs qui est celui des briseurs de lances invétérés, juste briseurs.

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